" Une berline noire crache un nuage grisâtre et avance vers moi, suivant la courbe du mauvais asphalte des endroits désertés. Une voiture, et probablement un conducteur. Je lève les yeux au ciel, par réflexe, me demandant si finalement le « grand bonhomme » là – haut ne serait pas là pour les pauvres âmes comme moi. Je me mets au milieu de la route. Je pleure. Et alors que je m'aperçois de l'absurdité de mon action, je tombe, à genoux. Je pleure et les larmes me brûlent les yeux.
Je vois des voitures. Le soleil me tape sur le crâne.
J'ai faim. J'ai soif.
Je suis seule,en plein désert,avec pour seule vue l'horizon,la route qui se perd vers l'infini, et l'impossibilité de faire demi-tour.
Je pleure.
De g r o s s e s larmes amères coulent le long de mes joues sales. Je m'allonge sur un côté de la route, incapable de faire le moindre pas de plus. "